Les anti-chasse à courre font chou blanc

Article Ouest-France du 11 janvier 2020


Une quinzaine de militants anti-chasse ont voulu perturber une chasse à courre ce samedi 11 janvier 2020 à Saint-Péver (Côtes-d'Armor), dans le bois d'Avaugour. En vain : les chasseurs étaient absents.« Il n'y avait pas de chasse prévue. » Hervé Schwerer, porte-parole des veneurs en Bretagne, confirme ce que des militants anti-chasse ont constaté sur le terrain ce samedi 10 janvier. À Saint-Péver, dans le bois d'Avaugour, ces derniers ont voulu perturber une chasse à courre : ils ont fait chou blanc, contrairement à leur dernière opération, fin novembre . « Nous n'avons vu aucun équipage », raconte Arthur, l'un d'entre eux. Une quinzaine d'opposants étaient pourtant présents dès le matin, répondant à l'appel de Forest Keepers et de l'Arpe (Association de recherche et de protection de l'environnement). Ils s'opposent à la chasse à courre dans les bois Meur et d'Avaugour, « une forêt citoyenne » , estiment-ils, propriété du conseil départemental. Sur place, seuls étaient présents deux gendarmes en patrouille.


Chasse à courre : pourquoi la Arpe est-elle en colère ?
Article "Le Télégramme" du 11 janvier 2020

Interpellé au sujet des nuisances causées par la chasse à courre depuis quatre ans, le Département n'a encore donné aucune réponse à l'Association de recherche et de protection de l'environnement (Arpe), présidée par Alain Sébille. 

Alors qu'une chasse à courre se tient ce samedi à Avaugour, une association locale de défense de l'environnement, farouchement opposée à la pratique, dénonce le mépris du Département, propriétaire de la forêt.

1. Six courriers adressés au Département restés lettres mortes. Entre le 12 novembre 2015 et le 21 octobre 2019, l'Association de recherche et de protection de l'environnement (Arpe) a fait parvenir six lettres recommandées au Département. Objectif : solliciter un échange au sujet de la chasse à courre dans les massifs forestiers du Bois-Meur et d'Avaugour. Quatre ont été adressés au président Alain Cadec, deux à sa vice-présidente en charge de l'environnement, Véronique Méheust. Aucune n'a reçu de réponse : « Ce silence témoigne d'un certain mépris envers notre association, voire les associations environnementales de manière générale », regrette Alain Sébille, président de la Arpe, forte d'une trentaine d'adhérents. Créée il y a 31 ans, cette association intervient sur l'ensemble des problématiques environnementales rencontrées sur le territoire de Guingamp Paimpol Agglomération et Leff Armor Communauté.

2. Quels sont les arguments de la Arpe contre la chasse à courre ? Pour l'association, cette pratique enfreint les règles imposées aux usagers de la forêt afin de préserver la quiétude des lieux et garantir la sécurité de tous : interdiction des véhicules à moteur ; tenue des chiens en laisse ; respect des circuits ; tenue d'un calendrier pour les jours de chasse… Or, selon les observations d'Alain Sébille et des membres de la Arpe, « les 4x4 et les vans des veneurs - qui chassent avec une meute de chiens en liberté - circulent librement sur les artères principales. Ils se croient tout permis, d'autant qu'ils disposent des clés des cadenas d'accès, et s'affranchissent de toutes les règles de bienséance et de sécurité ». Le président de la Arpe dénonce aussi l'absence systématique de panneaux informant la tenue d'une chasse à courre. Autant de points qui rendent la pratique, selon lui, « incompatible avec la fréquentation de cette forêt très prisée du public ».

3. Concrètement, que réclame la Arpe ? L'association demande l'annulation d'une partie de l'article 9 de la convention de gestion de la forêt d'Avaugour, impliquant le droit de chasse à courre. Un article ajouté par la nouvelle majorité à son arrivée à la tête du Département, en 2015. Bien après la rédaction du texte initial, élaboré en 2005, lors de l'acquisition du site par le Département. Dans une démarche de démocratie participative, celui-ci avait fait l'objet d'un travail collectif : élus, riverains et associations, dont la Arpe, s'étaient accordés pour exclure la chasse à courre des activités autorisées. Ceci afin de faire d'Avaugour une « forêt citoyenne » (la seule dans les Côtes-d'Armor), où priment le respect de l'environnement et la bonne cohabitation des usagers. C'est d'ailleurs grâce à ce positionnement vertueux que le Département avait bénéficié d'une « taxe verte » pour l'acquisition des lieux.


Article et photo parus dans Ouest-France du 27/11/2019
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La conseillère départementale attaque en justice un militant anti-chasse à courre

Depuis plusieurs années, le bois d'Avaugour, près de Saint-Péver, est le théâtre d'un affrontement, parfois vif, entre pros et anti-chasse à courre. Le dernier épisode en date remonte au samedi 23 novembre, où les deux camps ont joué au jeu du chat et de la souris une bonne partie de l'après-midi. Une journée sans incident, après des années d'opposition.

À l'issue de ce dernier week-end, l'association Forest Keepers Bretagne, collectif militant anti-vénerie, a annoncé, sur sa page Facebook, avoir appris être poursuivie en justice « par le conseil départemental des Côtes-d'Armor et sa vice-présidente, Véronique Méheust ».

Des propos publiés sur Facebook

En réalité, c'est bien Véronique Méheust elle-même qui poursuit un militant anti-vénerie, pour « diffamation publique à l'encontre d'une personne investie d'un mandat public », ainsi que l'indique le courrier envoyé par le parquet du tribunal de grande instance de Nantes.

En cause, des écrits publiés le 3 janvier 2018 sur la page Facebook de l'ex collectif Abolissons la vénerie aujourd'hui Bretagne (Ava Bretagne, devenu Forest Keepers), qui indiquaient, notamment : « les veneurs et veneuses s'offrent la forêt d'Avaugour-Boismeur grâce au conseil départemental des Côtes-d'Armor et sa vice-présidente en charge de l'environnement, Véronique Méheust. Ou comment confondre responsabilité politique et intérêts personnels ».

D'autres poursuites engagées

Férue de chasse , l'élue a autorisé, depuis 2015, divers « droits de suite » et « d'attaque » dans la forêt d'Avaugour-Boismeur, propriété du département des Côtes-d'Armor. Tenue pour responsable par les collectifs de la reprise de la chasse à courre dans le département, elle avait contesté : « Cette pratique a été réintroduite à Avaugour en 2013 dans le cadre d'une convention signée entre la fédération des chasseurs et le Département. C'était sous l'ancienne présidence, je n'étais pas encore élue. Depuis, je n'ai fait que renouveler cette convention qui porte sur la gestion de l'équilibre sylvo-cynégétique du site. »

Sur Facebook, le collectif Forest Keepers, qui annonce que d'autres personnes sont poursuivies pour diffamation, estime « que par ces procédures, il est difficile de ne pas y voir une volonté d'instrumentaliser l'appareil judiciaire pour en faire une tentative d'intimidation et d'entrave à notre liberté d'expression. »


Article et photo parus dans Ouest-France du 24/11/2019 sous la plume de Kristell LE GALL

Cache-cache entre chasseurs et anti-vénerie, hier

Entre Lanrodec et Saint-Péver, le rallye d'Avaugour organisait une chasse à courre, samedi, dans la forêt d'Avaugour.
Des militants anti-vénerie y ont joué les perturbateurs.

C’est à un drôle de spectacle qu’ont assisté les promeneurs, dans la forêt d’Avaugour ce samedi 23 novembre. Entre Lanrodec et Saint-Péver, il y avait du monde entre les arbres et sur les routes. Les plus reconnaissables : les gendarmes. Une vingtaine d’entre eux était mobilisée pour surveiller le duel entre passionnés de chasse à courre du Rallye d’Avaugour et militants anti-vénerie.

Pas de messe : Cette journée a ressemblé à une partie de cache-cache, dont la première manche est revenue aux veneurs. Le matin, une dizaine de membres d’Abolissons la vénerie aujourd’hui (Ava) et de l’Association de recherche et de protection de l’environnement (Arpe), espérait interpeller les chasseurs lors de leur messe de la Saint-Hubert, à Saint-Péver. Ils ont trouvé porte close. Les chasseurs ont pu compter sur un complice : le maire de la commune, Jean Jourden. « Vous avez gagné, il n’y a pas de chasse » , a-t-il déclaré. Peine perdue, les militants n‘étaient pas dupes et ont pensé que la messe avait été célébrée dans un manoir privé.

Une vingtaine de cavaliers : Une centaine de veneurs, dont une vingtaine de cavaliers, ont commencé la chasse vers 13 h. « On les a suivis toute la journée et dispersé les chiens » , raconte Jimmy Nédellec, de l’Ava. « On est tellement passionné, on veut que notre mode de chasse perdure. » Gilet jaune siglé « J’aime la chasse » , Hervé Schwerer est le porte-parole des veneurs. Ce samedi où un chevreuil est pisté, il ne chasse pas, mais surveille les potentielles perturbations. « Les consignes sont claires : c’est pacifisme avant tout, même si on dénonce leurs actes. »

Le pouvoir de la caméra : Si pro et anti-chasse partagent un point commun, c’est celui de porter une caméra. « Elle sert à calmer les gens, détaille Hervé Schwerer. C’est un moyen de défense. Nous sommes toujours par deux et nous filmons mutuellement en cas de problème. » En fin de journée, militants anti-vénerie, chasseurs et gendarmes, dressaient le même constat. « Il n’y a pas eu d’incident », s’est réjoui Jimmy Nédellec. Même le chevreuil devait être de cet avis : il a eu la vie sauve. Lien vers l'article

Article paru dans l'Echo du 30 janvier 2019


La chasse à courre n'a pas eu lieu : Une quarantaine de riverains, de membres de l'Association pour la recherche et la protection de l'environnement (Arpe) des cantons de Plouagat et Châtelaudren, ainsi que des militants du collectif Abolissons la vénerie aujourd'hui (Ava) Bretagne étaient présents ce samedi, vers 10 h, dans le bourg de Saint-Péver, pour perturber la chasse à courre programmée en forêt départementale d'Avaugour. Mais les veneurs ont décidé de décaler la chasse à une date ultérieure. « À la place, nous avons organisé une promenade de chiens car nous ne sommes pas pour la confrontation. Tout s'est passé calmement », indique Hervé Le Schwerer, le directeur de la communication pour la Bretagne de la société de vénerie. « Cela a également permis aux autres équipages de Bretagne d'effectuer d'autres chasses ailleurs ».

(Le télégramme du 26/01/2019)


La forêt de la discorde

Rétabli par le Département en 2015, le droit de démarrer une chasse à courre dans la forêt d'Avaugour (située au sud de Guingamp) suscite crispations et tensions. Ses opposants, qui dénoncent une pratique inutile et cruelle, pointent notamment le rôle joué par une vice-présidente du Département.

Des militants qui s'invitent au milieu des veneurs pour les empêcher de tuer un chevreuil. Des chasseurs qui filment et photographient leurs opposants (et vice-versa). Un service d'ordre chargé d'éviter les incidents. Des gendarmes obligés de se déplacer. Une bagarre ininterrompue sur les réseaux sociaux. Et la vice-présidente du conseil départemental en charge de l'environnement accusée par certains de copinage et qui menace, de son côté, de déposer plainte… Dire que le retour de la chasse à courre en forêt d'Avaugour ne se déroule pas dans la plus grande sérénité relève de l'euphémisme.

La chasse à courre ? Il s'agit d'une tradition ancestrale, autrefois réservée à l'aristocratie. À cheval, à pied ou à vélo, un équipage encadre une meute. Durant plusieurs heures, les chiens traquent un animal sauvage (cerf, chevreuil, renard, sanglier lapin…) jusqu'à son épuisement, puis sa mise à mort. La viande est ensuite distribuée entre chiens et suiveurs.

Une forêt achetée en 2005 par le Département

Interdite en Allemagne, en Belgique et en Grande-Bretagne, cette pratique est plus en plus contestée en France. Fin 2017, un sondage de l'institut Ifop établissait que 84 % des Français y étaient opposés. Et depuis deux ans, une dizaine de collectifs Ava (Abolissons la vénerie aujourd'hui) perturbent régulièrement des chasses à courre un peu partout dans l'Hexagone. Comme en forêt d'Avaugour…

La forêt de 1 100 hectares, située entre Saint-Péver, Saint-Fiacre, Lanrodec et Boquého, a été rachetée par le Département en 2005. Elle est ensuite devenue un lieu « citoyen » et un modèle de concertation entre chasseurs à tir, riverains, défenseurs de l'environnement et services du Département selon Alain Sébille, le président de la Arpe, l'Association de recherche et de protection de l'environnement des cantons de Plouagat et de Châtelaudren : « Nous étions organisés en groupe de travail. À l'époque, tout le monde s'est mis d'accord. Que ce soit les promeneurs, les vététistes et les chasseurs. Il y avait de la chasse à tir, mais la chasse à courre y a été entièrement proscrite ».

« Elle a fait plaisir à ses amis »

Seulement, en 2015, le conseil départemental change de majorité. La droite et le centre succèdent aux socialistes. Très vite, un droit d'attaque annuel est délivré par les élus départementaux en forêt d'Avaugour : les veneurs sont désormais autorisés à démarrer une chasse à courre dans le massif.

Pour les membres de la Arpe et ceux d'Ava Bretagne, l'une des principales responsables de ce changement s'appelle Véronique Méheust (LR). Ancienne membre du parti politique Chasse, pêche, nature et tradition (CPNT), la vice-présidente du Département en charge de l'environnement fait partie du rallye Armor, un équipage costarmoricain de chasse à courre. « Madame Méheust, contre l'avis des citoyens, a fait plaisir à ses amis du rallye d'Avaugour », dénonce Jimmy Nédelec, l'un des membres les plus actifs du collectif Ava Bretagne.

La vice-présidente du Département se défend

« Madame Méheust s'est arrogé le droit d'autoriser trois chasses à courre par an (un droit d'attaque, deux droits de suite), sans demander leurs avis aux utilisateurs de la forêt. Nous avons été mis devant le fait accompli », fustige de son côté Alain Sébille, remonté : « Nous sommes revenus à l'époque médiévale des seigneurs ».

(Le Télégramme du 25/01/2019)

Face à face cavalier en forêt d'Avaugour
Emmanuel Nen - Le Télégramme du 25/11/2018


L'équipage se met en ordre de marche, coup d'envoi de la chasse à courre dans la forêt d'Avaugour.
Les face à face tendus et autres provocations verbales
se sont multipliés entre les deux camps.
Une journée durant, ils se sont fusillés du regard. En Saint-Péver, dans la forêt d’Avaugour, où était organisée une chasse à courre, pro-chasseurs et opposants se sont livrés un face-à-face tendu, un peu cavalier même, serait-on tenté de dire.

Samedi, 10 h, dans le bourg de Saint-Péver. Environ 20 militants d’Ava Bretagne, pour Abolissons la vénerie aujourd’hui, se sont donné rendez-vous avec pour objectif de perturber la chasse à courre qui va être organisée dans la forêt d’Avaugour. L’une des trois véneries de la saison, entre le 15 septembre et le 30 mai. Alors que la messe de la Saint-Hubert se termine, Jimmy Nédellec, le porte-parole de ce groupe d’opposants né en avril 2018, donne ses consignes : «Restez hyper calme, présentez vite fait votre carte d’identité si on vous la demande. L’idée, c’est de suivre au maximum la chasse».

Deux camps, une même stratégie : Du fait de cette présence non désirée puisque perturbatrice, l’équipage d’Avaugour peut compter sur le renfort des voisins du Rallye d’Armor, le gilet jaune « J’aime la chasse » sur le dos. « On est, en quelque sorte, le service d’ordre. On est là pour que les choses restent apaisées. Notre but, c’est que ce soit une bonne journée, sans dérive. On veut juste profiter de notre passion », explique Hervé Schwerer, « dircom » de la société de vénerie.
En marge de la chasse à courre, dont le départ a été donné à 12 h 30 du château d’Avaugour, c’est un face-à-face tendu, palpable, que se sont livrés les deux camps, aux convictions radicalement opposées mais à la stratégie similaire : perturber l’adversaire dans le but de lui faire perdre ses moyens. Sans jamais franchir la ligne jaune pour éviter une éventuelle plainte qui serait fâcheuse. Alors les provocations et intimidations verbales se sont multipliées tout au long de la journée.

Quatre heures de traque, en vain : Ce « jeu du chat et de la souris » s’est poursuivi dans la forêt, d’une superficie de 1 100 hectares tout de même. Un vaste terrain de jeu. En quelque sorte, on a assisté à deux chasses en une. La première consistant, pour l’équipage mené par Patrick Le Belleguic, 34 ans d’expérience en la matière, à chasser un chevreuil. Avec une trentaine de personnes à ses côtés, des cavaliers, des suiveurs et une meute de chiens. « L’éthique de la chasse à courre » est respectée, les téléphones portables sont interdits. Il faut se fier aux sons des trompes et piboles.

« Le but, expose Hervé Schwerer, c’est de chasser un seul animal, en le forçant à s’épuiser. Celui-ci cherche à ruser, pour éviter les chiens. Une chasse peut durer d’une demi-heure à 7 ou 8 h. Cela dépend de l’animal, de sa résistance et de la qualité de l’équipage. En moyenne, on l’attrape une fois sur trois, voire une fois sur quatre». Et, ajoute Patrick Le Belleguic, « le chevreuil est un animal difficile à attraper. Par rapport au cerf ou au sanglier, il a plein de cartes dans son jeu ». La chasse de ce samedi a duré quatre bonnes heures. L’animal, « plus malin que les chiens cette fois », court toujours dans la forêt d’Avaugour.

Emmanuel Nen
© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/guingamp/chasse-face-a-face-cavalier-en-foret-d-avaugour-24-11-2018

Article ci-dessus - Ouest-France du 25 mars 2017

Ils disent non à la chasse à courre à Avaugour
L'Association de recherche et de protection de l'environnement reproche au Département l'autorisation de la chasse à courre dans la forêt. Malgré les accords initiaux. (Article et photo Ouest-France du 21/12/2016)
Les membres de l'Arpe, Pierre Quistinic, Ange Nabucet et Alain Sébille dénoncent la convention qui permet la chasse à courre dans la forêt d'Avaugour et au bois Meur, un espace public qui pour eux doit rester à la disposition de tous, toute l'année
Un peu d'histoire : La forêt d'Avaugour doit son nom à la famille d'Avaugour, une des plus anciennes baronnies de Bretagne, du XIIIe siècle au XVIIIe siècle. Le château d'Avaugour se dressait sur un éperon dominant le Trieux dans l'actuelle Saint-Péver. L'Ancien Régime avait droit de chasse tout comme la société qui a acheté le domaine forestier au XXe siècle. Quand le Département l'achète en 2005, un comité de pilotage avec les habitants du territoire se crée.

Une forêt citoyenne : Les membres de l'Association de recherche et de protection de l'environnement des cantons de Plouagat et de Châtelaudren (Arpe), Alain Sébille, Pierre Quistinic et Ange Nabucet soulignent : « Cette acquisition s'est réalisée via une taxe verte, l'objectif étant de faire une forêt citoyenne. » Le Département l'aménage et communique depuis sur les circuits et les aménagements adaptés. « Le public se l'est appropriée, avec un souci de bonne cohabitation. Par sécurité, les règles strictes ont été établies et acceptées par tous. »

De nouvelles règles : « En 2015, de nouveaux droits ont été accordés en matière de chasse à courre et en l'absence d'une concertation avec les groupes de travail ayant collaboré au fonctionnement par le passé. » L'association écrit aux élus, interpelle le président du conseil départemental et demande des explications. Leurs différents courriers ne suscitent aucune réponse. Au conseil communautaire du Leff communauté, Plélo ne se prononce pas et répond, pour l'acquisition du bois, « qu'il se trouvait trop loin de Plélo. » Pour le président, René Guillou : « Tout le monde a le droit de vivre, mais on pourrait interdire le dimanche comme jour de chasse ». Seuls les élus de Plouagat votent « pour bannir la chasse à courre dans ces deux massifs et pour le retour au fonctionnement précédent tel qu'il a été défini par les groupes de travail ».

Retour à l'ancien régime : Car le Département « se réserve le droit d'autoriser la vénerie sur chevreuil, dans la limite d'un droit d'attaque et de deux droits de suite par saison. Le calendrier et les modalités de mise en oeuvre de ces trois journées feront l'objet d'une convention particulière avec l'équipage de vénerie bénéficiaire de cette autorisation ». Et il récidive le 17 octobre 2016, en reconduisant la convention de chasse à courre. Cinq conseillers ont voté contre (Guingamp et Bourbriac), certains se sont abstenus. Pour l'Arpe « il s'agit bien d'une décision politique de réhabilitation de la chasse à courre et d'une rupture des accords initiaux tissés avec les associations et les parties prenantes pour la satisfaction de quelques-uns. Un retour à l'ancien régime. Nous ne sommes pas contre la chasse à courre, mais pas dans la forêt d'Avaugour. »

Article Ouest-France du 19/01/2016

La chasse à courre revient en forêt d'Avaugour
Source : Ouest-France (Anne Kiesel)

La vice présidente du conseil départemental, Véronique Méheust,
va à nouveau autoriser cette chasse qui se pratique avec chiens et chevaux

Brigitte Bardot indignée : Par le biais de sa fondation, Brigitte Bardot réagit avec violence à la décision de Véronique Méheust, d'autoriser à nouveau la chasse à courre en forêt d'Avaugour (Ouest-France du 16 octobre). L'actrice n'y va pas avec le dos de la cuiller : "Honte à vous qui avez l'indécence cruelle de rétablir, à Bois-Meur Avaugour, la chasse à courre pour y assouvir vos pulsions morbides, c'est un scandaleux retour vers la barbarie !" Brigitte Bardot ironise : "Vous êtes donc "en charge de l'environnement" pour le département des Côtes d'Armor, ce serait presque risible si cela n'était pas à ce point pathétique." "La chasse à courre est indéfendable, elle ne "régule" rien du tout, ne fait que perturber les espèces et endommager les cultures. Vous prenez en otage les citoyens, vous vous appropriez un espace public pour assouvir vos plaisirs pervers, c'est dégueulasse!"...
(Ouest-France du 24 oct. 2015)

Saint-Péver : La chasse à courre dans le viseur de Brigitte Bardot

L'information a été rendue publique le 15 octobre dernier : la vice-présidente en charge de l'environnement du conseil départemental des Côtes-d'Armor, Véronique Méheust, s'apprête à réhabiliter la chasse à courre à Bois-Meur Avaugour, à Saint-Péver (22). Cette pratique y était interdite depuis 2005, date de son acquisition par le département.

« Scandaleux retour à la barbarie » Une annonce qui a immédiatement fait réagir Brigitte Bardot, qui mène un combat de longue date contre cette pratique « cruelle et indéfendable » : elle a personnellement adressé un courrier à Véronique Méheust, vendredi, dans lequel elle lui reproche de « prendre en otage les citoyens (…) pour assouvir (ses) plaisirs pervers ». L'élue a en effet ouvertement affiché sa passion pour la chasse à courre, qu'elle pratique depuis 37 ans. Fustigeant un « scandaleux retour à la barbarie », la star de cinéma s'est également indignée de voir une élue en charge de l'environnement plébisciter une pratique qui « ne "régule" rien du tout, ne fait que perturber les espèces et endommager les cultures ».
(Le Télégramme du 24 oct. 2015) - Plus d'information